Entre deux chaises… de cours

Les étudiants inscrits à un baccalauréat bidisciplinaire à l’UdeM suivent des cours donnés dans deux départements différents. Dans un contexte de levée de cours, certains se retrouvent parfois dans une situation quelque peu confuse, à moitié en grève et à moitié sur les bancs d’école.

C’est drôle comment ça se passe, j’ai la moitié de mes cours, témoigne l’étudiante au baccalauréat en communication et politique Amélia Houde. Ça ne me dérange pas vraiment, mais j’aurais aimé être en grève. » L’Association des étudiants en science politique et en études internationales (AÉSPEIUM) est en grève ponctuelle tandis que l’Association des étudiant(e)s en communication (AECUM) n’a pas voté en faveur de la grève.

Malgré son envie de militer, l’étudiante doit s’en tenir aux décisions prises par les associations. Selon les règlements généraux de l’AÉSPEIUM, pour avoir le droit de vote, il faut être membre, ce qui signifie être inscrit à temps plein ou à temps partiel au baccalauréat en science politique, à la majeure ou à la mineure ou au baccalauréat en études internationales de l’Université. « Nous n’avons pas le droit de vote dans les assemblées générales de science politique, alors je me présente, je partage mon avis, mais je ne peux pas voter, explique-t-elle. C’est frustrant. »

Cette situation est similaire dans d’autres programmes bidisciplinaires, notamment celui de psychologie et sociologie. « Nous, on était concernés par trois assemblées générales : celle de sociologie, celle de psychologie et celle de psycho-socio », commente l’étudiante au baccalauréat en psychologie et sociologie Catherine Bois-Lapointe. Ses cours relevant du Département de sociologie ont d’abord été levés, puis l’Association générale des étudiants et étudiantes de psychologie de l’UdeM a ensuite voté pour lever les cours du 30 mars au 2 avril.

« Lors de l’assemblée générale de psychologie, on n’avait pas le droit de vote alors qu’on a quand même 50 % de nos cours en psychologie , explique Catherine. On a fait une assemblée générale pour psycho-socio qui concernait seulement deux cours, et on a voté pour la grève. »

Selon Amélia Houde, la complexité du problème réside dans le fait qu’il n’existe pas beaucoup de cours bidisciplinaires comme tels. « On travaille fort actuellement au sein de l’Association des étudiant(e)s en communication et politique pour établir un protocole au sein de l’AÉSPEIUM et de l’AECUM afin de pouvoir voter durant les assemblées générales de ces deux associations, précise-t-elle. Que tu sois pour ou contre la grève, c’est important de pouvoir voter. »

Pour l’instant, les étudiants au baccalauréat en communication et politique peuvent uniquement voter dans le cadre des assemblées générales de l’Association des étudiant(e)s en communication et politique.

Pas de système idéal ?

Selon le professeur au Département de philosophie Christian Nadeau, beaucoup de ses étudiants sont soit dans des programmes bidisciplinaires, soit dans des mineures.

Un tiers de son audience est composé d’étudiants en philosophie. « Bien sûr, certains de ces étudiants [NDLR : dans des programmes bidisciplinaires] pourraient se sentir lésés, mais c’est le propre de n’importe quelle grève, dit-il. À partir du moment où il y a une structure en place avec une organisation, on doit la respecter. »

Selon le professeur, il n’existerait pas de système permettant de satisfaire chaque étudiant. « C’est aux étudiants de voir entre eux s’ils jugent que la structure actuelle leur permettant de faire la grève est adéquate », ajoute-t-il.

Les étudiants peuvent donner leur avis, mais ne peuvent pas voter. Cela pourrait créer des tensions et des alliances, selon Catherine.« Ne pas pouvoir voter en assemblée générale de psychologie nous sépare encore plus de ce Département, assure-t-elle. On est beaucoup plus proches du Département de sociologie puisqu’on peut voter en assemblée générale pour cette discipline. »

Quant au rattrapage des cours, il s’agit d’une décision qui n’appartient ni aux étudiants ni aux professeurs. « C’est une décision qui relève à la fois de la négociation de notre syndicat et de l’administration en vertu de la dernière convention collective, explique M. Nadeau. Dans mon cas, par exemple, je vais manquer trois séances si la grève s’arrête comme prévu. La seule indication que j’ai donnée aux étudiants, c’est que s’il y a reprise, nous allons reprendre là où nous avons laissé, mais pour le moment, je n’ai pas d’autres renseignements. »

Sept programmes bidisciplinaires à l’UdeM ont été concernés par des votes de grève entre le 23 mars et le 2 avril.

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