Entre procédures et légitimité

Ailleurs dans la province, 93 associations étudiantes présentes sur plus de 10 campus ont tenu des assemblées générales de grève. Autant d’associations sont associées à des procédures différentes, mais toutes sont généralement confrontées à des problèmes comparables : stimuler la participation au processus de consultation, tout en l’encadrant suffisamment pour éviter les irrégularités.

Trouver l’intrus

En février dernier, le vote de grève qu’ont tenu les membres de l’Association facultaire des étudiants en langues et communications (AFELC) de l’UQAM ne se serait pas déroulé dans les règles de l’art. Selon ce que nous apprenait le journal Métro en mars dernier, trois noms auraient été ajoutés de façon manuscrite à la liste de présences et l’un de ces étudiants n’était à priori pas membre de l’AFELC.Cette polémique a levé le voile sur une diversité de pratiques en matière de prise de présences. « On ne prend pas les présences de façon formelle, dans le programme on se connaît bien, alors on va vite le repérer si quelqu’un tente de s’immiscer dans l’AG sans en avoir le droit », explique la présidente de l’Association générale des étudiantes et étudiants en médecine de l’UdeS, Jasmine Bisson.

Selon la coordonnatrice du comité de mobilisation de l’association de psychoéducation de l’UdeM et étudiante au baccalauréat en psychoéducation, Sophie Pagé Sabourin, la façon de prendre les présences varie en fonction des points à l’ordre du jour de l’assemblée. Selon elle, les présences sont principalement prises lors des assemblées de grève. Sinon, la prise de présence est faite de façon « plutôt “amicale” », toujours selon cette dernière. « L’exécutif seulement a accès à ces listes », ajoute-t-elle.

« Pour entrer et avoir un carton de vote, l’étudiant doit présenter sa carte étudiante, explique l’adjoint à l’exécutif de l’Association étudiante du secteur des sciences de l’UQAM, Jean-Sébastien Crépeau. Nous vérifions l’identité de la personne grâce à nos listes de membres. » C’est aussi de cette façon dont fonctionnent plusieurs associations étudiantes à l’UdeM et à l’UQAM.

Stimuler la participation aux AG

Atteindre le quorum donne parfois des maux de tête à bien des comités exécutifs d’associations étudiantes. Certaines associations de l’UQAM ont choisi tout simplement de diminuer leur nombre minimum de participants, ce qui a eu des résultats plutôt inattendus.

« Avant, nous avions un quorum de 10 % des membres, ce qui équivalait à environ 250 personnes, et comme nous réussissions difficilement à l’atteindre, nous avons choisi de le diminuer à 50 membres, ce qui équivaut à environ 0,8 % », explique la coordonnatrice aux communications de l’Association facultaire de science politique et droit de l’UQAM, Anne-Marie Veillette. Par la suite, nous avons rapidement vu notre nombre de participants monter. » Selon elle, plusieurs de leurs membres, qui étaient contre les propositions soumises au vote à l’AG, avaient tendance à encourager les étudiants à ne pas assister aux AG pour qu’il n’y ait pas quorum et que l’AG ne puisse se tenir. Avec le quorum actuel, les personnes opposées aux propositions doivent plutôt assister aux AG pour voter, selon la coordonnatrice.

Du côté de l’Association générale des étudiantes et étudiants en médecine de l’UdeS (AGÉÉMUS), on a conservé le quorum de 7 % et on a plutôt choisi de se rapprocher des membres… virtuellement. « La moitié de nos membres sont en stage à travers la province, alors nous mettons sur pied des vidéoconférences à Longueuil et à Saguenay pour leur permettre de suivre les AG les plus importantes à distance », explique la présidente de l’Association, Jasmine Bisson.

Stimuler la participation aux AG passe aussi par des actions quotidiennes. « Pour atteindre les quorums, il est essentiel d’établir une relation de gré à gré avec les membres, d’être proche des gens et de leur faire sentir qu’on veut savoir ce qu’ils pensent, afin qu’ils aient envie de venir aux AG pour prendre la parole », estime la professeure adjointe à l’école de relations industrielles de l’UdeM Mélanie Dufour-Poirier.

Jasmine Bisson raconte qu’elle et son équipe ont ainsi misé sur la création d’un sentiment d’appartenance envers l’AGÉÉMUS pour stimuler la participation. « Quand j’étais en première année, il fallait courir après les gens avant les AG pour atteindre notre quorum, raconte-t-elle. Nous avons mis en place différents canaux de communication pour mieux faire connaître notre association et ça a fonctionné, puisque maintenant nous avons assez de participants pour réaliser nos AG sans problème. » Cela est passé notamment par la création de chandails à l’effigie de l’AGÉÉMUS et par l’ouverture d’un local qui expose des œuvres d’arts faites par des étudiants, et où l’on offre du café.

Langage d’AG

AG : Une abréviation pour assemblée générale

Quorum : nombre de membres ou pourcentage de membres d’une association étudiante qui doivent être présents à l’AG pour qu’elle ait lieu.

Décorum : Ensemble des règles et des conventions de bienséance dans une AG.

http://quartierlibre.ca/entre-procedure-legite/

Poster un commentaire

Classé dans Info-grève, Quartier libre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s