Pétition pour reconnaître le droit de grève des étudiants

(Québec) Inquiets du vide juridique qui subsiste concernant le droit de grève des étudiants, deux d’entre eux ont décidé de porter le dossier devant l’Assemblée nationale plutôt que devant les tribunaux. Et ce, dans le but d’éviter d’aussi longs conflits à l’avenir.

Samuel Pagé-Plouffe et Marc-André Groulx, 21 ans, sont derrière une pétition déposée jeudi durant la période de questions par le député péquiste de Terrebonne, Mathieu Traversy. Le premier est étudiant au baccalauréat en affaires publiques et relations internationales à l’Université Laval (et présentement en échange étudiant en France), alors que le deuxième est étudiant en droit à l’Universitéde Montréal.

Les deux amis de longue date ont décidé de lancer la pétition après avoir échangé à distance sur le conflit étudiant. Il s’agit d’une démarche non partisane, précise Marc-André Groulx, qui est d’avis que le conflit ne se serait pas envenimé à ce point si le droit de grève des étudiants avait été reconnu formellement.

«Pour nous, c’est évident que la reconnaissance d’un droit de grève aux associations étudiantes aurait eu l’avantage de reconnaître les droits et obligations de tous, et de clarifier la situation», explique-t-il au bout du fil. Selon lui, le conflit aurait perduré moins longtemps parce qu’un «tel type de droit confère aux parties une obligation de s’asseoir rapidement etde négocier».

Trois mille signatures

Les deux étudiants demandent donc au gouvernement de procéder «à la reconnaissance du droit de grève et de son encadrement aux associations étudiantes». À 22h30 jeudi, la pétition avait été signée par plus de 3150 personnes. Marc-André Groulx souligne qu’en tant qu’étudiant en droit, il pense que les tribunaux ont toute la légitimité pour trancher sur le droit de grève, qui n’est pas clairement déterminé dans la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves ou d’étudiants et qui faisait l’objet d’une «traditionnelle reconnaissance de facto» depuis 40 ans.

«Les tribunaux peuvent le faire, évidemment, […] mais on croit que c’est un travail qui appartient aux législateurs [de l’Assemblée nationale]. C’est un travail qui est important et les tribunaux, avec leur politique de retenue judiciaire, peuvent hésiter à reconnaître ce droit de grève là», soutient Marc-André Groulx.

La nomination d’un médiateur est aussi primordiale aux yeux des deux étudiants qui disent vouloir éviter que ne se reproduise la «situation chaotique» dans laquelle est plongé le Québec présentement.

En Chambre, jeudi, le premier ministre, le ministre Jean-Marc Fournier et la ministre Michelle Courchesne ont fait grand cas de la pétition Les libéraux ont tenté en vain de faire dire au PQ qu’il appuyait cette pétition en ligne sur le site de l’Assemblée nationale.

«Le PQ a déposé une pétition pour imposer dans le système d’enseignement un modèle syndical où il y aurait de soi-disant grèves qui priveraient un citoyen de son droit d’avoir accès à l’éducation», a dénoncé M. Charest.

La porte-parole péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, a répliqué qu’avec la loi 78, le gouvernement considère lui-même les associations étudiantes «comme de parfaits syndicats quand vient le temps de bloquer les cotisations».

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/education/201205/24/01-4528385-petition-pour-reconnaitre-le-droit-de-greve-des-etudiants.php

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